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Crédits photos :  Nathalie Gautier, Philippe Stroppa, Richard Billaudel

RÉSUMÉ

Un ingénieur brillant vient de mettre au point un connecteur électrique, le 2CK. Il s’apprête le à présenter à un congrès mais à sa grande surprise, son directeur Scheffler lui annonce que ce ne sera finalement pas lui, mais son assistant Karlmann, qui mènera la conférence, argumentant qu’avec sa tête, il ne peut rien vendre du tout. En rentrant chez lui, Lette, soucieux de cette annonce, interroge sa femme Fanny. Elle lui confesse alors la vérité indéniable qu’il est incroyablement moche. Lette réalise alors qu’il est déformé et ne voit pas d’autre moyen que de subir une opération pour changer de visage. Après son opération, il devient beau, désirable aux yeux de tous et il devient l’ambassadeur de son entreprise. Témoin de son succès, son chirurgien lui propose de devenir son modèle publicitaire. Son visage devient alors la norme de beauté et ne cesse d’être dupliqué tel un produit de grande consommation. Ne supportant pas que des reflets de lui-même se multiplient à l’infini, Lette demande au chirurgien de lui rendre son visage original, ce qui se révèle impossible. Le personnage de Lette devra donc faire face à un engrenage, une décadence où l’individu n’est plus en mesure de maîtriser quoi que ce soit.

NOTE D'INTENTION

Avec cette pièce à la vision du monde déroutante et radicale, Mayenburg, témoin de notre temps, s’inscrit dans une démarche poétique et engagée. Il décrit une réalité dévastée par l’absurdité d’un système capitaliste aliénant où rentabilité et efficacité deviennent les mots d’ordre. L’individu se trouve dévoré par un système qui le prive de sa rationalité et de sa sensibilité. Il tombe dans l’incertitude et la crainte. Il n’est plus en mesure de se défendre et devient victime de cette machine infernale. Vient alors le danger terrible et irréversible de la perte de son identité. La réalité que décrit Mayenburg repose sur une dichotomie entre apparence extérieure et apparence intérieure.

La première remportant le combat sur la seconde, on transperce alors le thème de la discrimination selon le critère de la beauté. L’individu considéré comme laid est rejeté. Face à cette dictature du beau, naît le désir de falsifier son apparence extérieure pour être admis dans le cadre imposé par les normes. Avec une écriture déstabilisante et chaotique, l’auteur nous embarque dans un rythme effréné, dans un univers comique glaçant. La pièce raconte la vie de Lette, un homme simple - ingénieur très impliqué dans son travail - qui va basculer vers une descente aux enfers.

La tension fondamentale qui existe dans cette pièce la rend fascinante. En perpétuels duels de forces opposées, la pièce ne trouve jamais d’apaisement. En visant une certaine forme d’immédiateté, (parole tendue, rythme soutenu, passage instantané d’une scène à une autre) nous nous garderons de dramatiser les situations pour aboutir à des créations saisissantes où le tragique et la cruauté nous sautent à la gorge. On manipule les contraires et naviguons avec une effervescence contrôlée entre délicatesse et violence, intelligence et impulsion, flegme et frénésie. On est face à une comédie décadente, une farce sombre où le rire est pernicieux. A mesure que la pièce avance, le rire s’évanouit peu à peu et laisse place à des sentiments plus inquiétants puis plus glauques et plus sinistres. Pour faire ressortir la profondeur et l’étrangeté de la pièce, nous veillerons à marcher en équilibre sur le fil du réalisme : rendre réelle et sublimer chaque situation. Sans tomber dans le piège de surexposer les scènes, de les jouer trop  «absurdes» et trop exagérées. Cela nous mènerait à un effet caricatural simpliste, grotesque et non crédible. Sans tomber non plus dans un excès d’effets dramatiques, de pathos naturaliste, qui nous ferait passer à côté de l’écriture acerbe et comique de Mayenburg. En étant scrupuleusement garant de ce fil du réalisme, nous pourrons alors décider pleinement et consciemment de déroutes exubérantes, oniriques, cauchemardesques ou grand-guignolesques.

 

Camille Jouannest

GÉNÉRIQUE

De Marius von Mayenburg
Traduction Hélène Mauler et René Zahnd
Mise en scène Camille Jouannest

Avec Vincent Breton (en alternance avec Jean-Frédéric Lemoues), Hubert Girard, Axelle Lerouge et Laurine Villalonga
Création lumière Ivan Marquez

Costumes, scénographie Camille Jouannest
Régisseur lumière Martin Barrientos

Diffusion Célia Wallendorf

Durée 1h15 / À​ partir de 8 ans

Spectacle élu coup de cœur du club de la presse - Avignon Off 2019 

SOUTIENS

Avignon Festival & Compagnie (AF&C) ; Puissance 5. La Compagnie 15 000 cm² de peau est subventionnée par la Communauté de communes du Pays d'Ancenis. 

RÉSIDENCES

Tréteaux de France ; Centre Dramatique National (Aubervilliers) ; Centre Paris anim' Les Halles, International Visual Theatre (IVT -Paris) Arcal Lyrique (Paris) ; Laboratoire de Formation au Théâtre Physique (LFTP - Montreuil)

REVUES DE PRESSE

Toute la culture « Un miroir nécessaire au Théâtre de Belleville ; une mise en scène minimale et efficace, le ton comique et grinçant de la pièce du dramaturge allemand est parfaitement restitué. [...] Un breaking bad râpeux. Camille Jouannest épouse le trait dans une mise en scène réussie offrant à une jeune troupe l’occasion de nous prouver son talent.»

 

Sceneweb « Des personnages à fort potentiel comique dans un bain complètement loufoque. »
 
IO Gazette « Pauvre matériellement mais riche d’images joliment pessimistes et grotesques, cette mise en scène charcute les momies vivantes et plastifie une certaine soif de sublime. » 

La Provence « Une comédie caustique brillante, vrai coup de cœur ! » 

 

La nouvelle république « La Muidoise Camille Jouannest séduit Avignon avec Le Moche »

 

Je n’ai qu’une vie « Une comédie noire où tous les tabous finissent par sauter, qui entraîne le rire du spectateur dans une spirale grinçante et diabolique. »
 
Playtosee «Camille Jouannest réussit avec brio à exprimer l’humour cynique de Mayenburg et la dimension subversive de cette dystopie. Ce spectacle est un cri d’alerte contre l’uniformisation généralisée et le monde du paraître. »  

Dates passées

04 Février

2023

Théâtre Quartier Libre, Ancenis

Le Moche

03 Février

2023

Théâtre Quartier Libre, Ancenis

Le Moche

03-30 Décembre

2021

Théâtre de Belleville, Paris

Le Moche

07-08 Novembre

2019

Centre Paris anim' Les Halles, Paris

Le Moche

Juillet

2019

Festival off d'Avignon - Archipel Théâtre, Avignon

Le Moche

20 Juin

2019

International Visual Theatre, Paris

Le Moche

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